Le social doit être le ciment de l’Union européenne

mardi 20 décembre 2011
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L’Union européenne traverse la crise la plus profonde de son histoire. Une crise financière et économique qui a des conséquences sociales lourdes. Les politiques, malgré beaucoup d’agitation de sommets en sommets, ont montré leurs limites pour imposer des règles et pour sortir les àƒâ€°tats de la tutelle des marchés financiers et des agences de notation qui vont avec. La crise de la dette a gagné de nombreux pays et les spéculateurs s’en donnent à cà…“ur joie. Les seules réponses qui sont proposées vont toutes dans le même sens : rigueur, austérité, sacrifices pour des populations qui ne sont en rien responsables de ces crises d’origine bancaire essentiellement.

Le fait est que ces politiques ont échoué. Sur le plan économique, la crise des dettes souveraines s’est propagée et aggravée. La croissance a brusquement chuté et le chà´mage a augmenté au rythme des restrictions budgétaires. Les conséquences sociales sont immenses : baisses des salaires et des retraites, explosion de la précarité, compression de toutes les dépenses de protection sociale, d’éducation et de santé, augmentation de la pauvreté. Parallèlement, la solidarité entre les nations s’effrite alors qu’elle devrait être le ciment indispensable à tout projet européen. Bref, la méfiance, voire le rejet de tout ce qui a trait à la dimension européenne gagne du terrain.

Si les politiques ont été incapables, le syndicalisme européen n’a pas su, lui non plus, se faire entendre. Pourtant, tous les jours, les faits donnent raison à ses propositions pour en finir avec la spéculationà¢â‚¬â€° : une véritable garantie des dettes souveraines matérialisée par l’émission d’euro-obligations et la transformation de la Banque centrale européenne en prêteur en dernier ressort. La réduction des déficits et des dettes ne doit pas se faire en anéantissant les économies et en faisant courir le risque d’une récession généralisée en Europe. Nous avons besoin d’une autre politique monétaire, économique et sociale, coordonnée au niveau de l’Union européenne avec des contenus très différents de ceux que nous proposent les gouvernements. Il est faux de dire qu’il n’y a pas d’autres politiques possibles en matière de fiscalité, de croissance, d’emploi, d’énergie, d’environnement... Il faut établir à l’échelle européenne un nouveau contrat social et économique avec la participation active des partenaires sociaux ayant comme grands chapitres, entre autres : l’emploi, les salaires, les retraites, les allocations chà´mage, l’éducation et la santé. Une éventuelle révision des traités ne pourra pas faire l’impasse sur les droits sociaux fondamentaux.

Le progrès de l’Union européenne doit se baser sur la cohésion sociale et la solidarité en interne des àƒâ€°tats membres. Pour y arriver, en ces moments difficiles, il faut agir dans un cadre européen commun et ainsi renforcer le dialogue social. Tel est le sens de la tribune signée par François Chérèque, avec sept autres responsables français, espagnols, italiens, belges et allemands (Libération du 8 décembre 2011).


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