La Poste sort un méchant Coup de Pub !

vendredi 27 juillet 2007
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Une lettre de La Poste, relayée par chaque Directeur concerné, adressée à tous les agents travaillant dans les centres de tri, les PIC, les Plates-formes, CTEDà¢â‚¬Â¦chez eux, met en garde contre les absences irrégulières en cas d’arrêt de travail sur les préavis de SUD.

Dans sa communication, La Poste fait la part belle à ce syndicat, en pointant le nombre de fois où il a été reçu en bilatérales, localement comme nationalement. Comme si SUD avait eu le monopole de la négociation sur les nuits ! Or, toutes les organisations ont joué pleinement leur rà´le et participé activement à ces négociations. Reste que c’est un sacré coup de pub et que ça frise la concurrence déloyaleà¢â‚¬Â¦. Bravo La Poste !

L’action de la CFDT

Pour la CFDT, nous l’avons dit et répété, notre priorité était de privilégier les plus faibles, c’est-à -dire les personnels, souvent les plus jeunes, utilisés dans des régimes de travail aussi atypiques qu’aberrants. Nous avons à…“uvré aussi pour que l’impact du travail de nuit sur la durée de vie et la santé soit limité, en faisant des propositions incitatives pour retourner sur des régimes de jour, des bilans de santé après 7 ans de nuit, des visites tous les 6 mois. Nous avons enfin participé, au même titre que les autres, à la forte revalorisation des indemnités de nuit, notamment pour les régimes atypiques. Si nous n’avons pas signé l’accord, le décalage avec notre revendication de majorer l’heure de nuit de 150% étant très important, nous avons néanmoins, comme toutes les autres organisations syndicales non-signataires (CGT-SUD-FO-CFTC), mesuré les avancées significatives obtenues, y compris l’intégration des régimes atypiques à la distribution.
C’est pourquoi aucun des non-signataires n’a fait valoir son droit d’opposition, y compris SUD !

La Poste joue les matadorsà¢â‚¬Â¦ !

à¢â‚¬Â¦Sauf que c’est elle qui fonce dans le chiffon rouge, agité par un syndicat depuis 10 mois ! Pire, elle se substitue au juge des référés, s’appuyant sur le fait que SUD a été condamné pour « utilisation abusive du droit de grève » dans certains endroits, et crée sa propre jurisprudence en refusant les préavis de ce syndicat. C’est une erreur stratégique majeure, qui relance la « guérilla », sur un terrain cette fois différent. Alors que dans les audiences locales menées par cette organisation, qui n’avaient rien à voir avec de véritables négociations, SUD exprimait son envie de sortir du conflit sans savoir comment le faire, La Poste lui offre une porte de sortie honorable, sa préférée : la position du martyr ! Quel coup de pub avant les élections encore une fois !

Et les agents dans tout ça ?

Il ne faut pas être sorti de St-Cyr pour comprendre que des revendications, on a dévié vers le « confort », d’où la difficulté de sortir de ce type d’actions. Il ne s’agit pas de « tirer » sur les grévistes, leur logique peut se comprendre et c’est humain.
Mais il est irresponsable de la part d’une organisation syndicale, de faire croire qu’elle agit pour des revendications, alors que le but est ailleurs, beaucoup plus politique et caché ! Le seul mérite, c’est qu’elle aura réussi à faire avancer de quelques semaines la négociation prévue, pour cause de calendrier électoral. Mais s’arroger toutes avancées salariales à La Poste, c’est travestir fortement la réalité !

- Si, réellement, SUD voulait combattre les régimes atypiques, comment expliquer son refus d’un accord sur la PIC de Wissous pour mettre fin aux 23h30/6h30 sur 5 nuits d’affilée ?

- Si, réellement, SUD voulait agir pour améliorer le pouvoir d’achat des postiers, pourquoi refuse-t-il les négociations et accords pour revaloriser les classifications, par la promotion démultipliée, les accords salariaux, les plans d’épargne groupeà¢â‚¬Â¦ ?

Tout simplement parce que la négociation ne fait pas partie de sa panoplie ! Seul le conflit compte, seule la grève porteà¢â‚¬Â¦et peut rapporter des voix, en se faisant passer, au choix, soit pour des chevaliers purs et durs du syndicalisme, soit pour des martyrs ! La CFDT pointe qu’une section SUD d’un CTC parisien s’est désolidarisée des mouvements de Juillet, considérant sans doute que le « jeu » n’en valait pas la chandelle.

Arrêter « le jeu de massacre » !

Avec les absences irrégulières, il est à craindre que les revendications sur le travail de nuit passent par profits et pertes et que le combat contre les probables sanctions devienne la principale motivation. Mais dans ce « bras-de-fer » entre deux acteurs, qu’auront à gagner les agents collectivement, autant ceux qui suivent le mouvement que ceux qui ne le suivent pas ?

- La Poste se vantera de faire plier SUD ? La belle affaire.
- SUD se vantera de peser à La Poste, grâce aux voix gagnées sur l’autel des martyrs ? La belle affaire.

La CFDT refuse d’être otage, refuse que le personnel soit instrumentalisé par des enjeux qui ne regardent que les relations entre SUD et La Poste.

La négociation sacrifiée ? Pour la CFDT, c’est NON !

Parce qu’en attendant, on ne peut engager de négociations locales pour décliner l’accord national, afin de corriger le tir de certaines dispositions excluantes. Les 15/22 et 17/24 dans les mesures de compensation, les basculements en jour d’ores et déjà opérés, les vacations commençant à 21h et jusqu’à 21h29, ainsi que les fins de vacations pour la surcompensationà¢â‚¬Â¦Et puis les requalifications des fonctions et des métiers, sujet majeur s’il en est, est complètement oublié ! Dans ce « jeu de qui perd gagne », quand va-t-on discuter concrètement à partir des réalités de chaque centre, justement pour répondre aux attentes exprimées par la grande majorité du personnel ?

Et aussi parce que pendant ce temps, ce sont tous les enjeux liés aux défis d’avenir qui sont sacrifiés, avec les perspectives de débats sur des questions fondamentales qui sont occultées : Conditions de travail, organisation du travail, qualifications et promotions des agents, et, plus largement, l’avenir des fonctionnaires, l’avenir des salariés, les modalités de gestion de leur emploi au sein d’une entreprise qui n’échappe pas aux contraintes extérieures, qu’elles soient économiques ou politiques ! Décidément oui : il faut arrêter ce jeu de massacre !

La CFDT assume ses responsabilités et dit très clairement STOP : Il est temps de siffler la fin de la partie. Car aujourd’hui, c’est non seulement la QS et les conditions de travail des agents en bout de chaîne (facteurs à la distri) qui en pâtissent, mais aussi l’image de La Poste et des postiers !

En conclusion : OUI aux revendications, NON aux provocations, d’un cà´té comme de l’autre !

Oui à l’action quand elle a pour objectif de négocier pour obtenir des avancées sociales ! Non à l’action qui prête à confusion entre revendications collectives et intérêts personnels !
Les postiers du Courrier méritent mieux que ce combat de coqs ! Agir et négocier pour obtenir des vraies garanties et contreparties aux évolutions : c’est ça le syndicalisme ! C’est ça notre démarche à¢â‚¬Â¦


Documents joints

tract complet en pdf
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